| Описание: | Extrait: Des steppes immenses et glaces, des Cosaques a la mine sauvage, voila geographiquement et historiquement sous quel aspect la plupart d'entre nous se representent la Russie. Et ce pendant, il y a dans cet immense empire un grand peuple ; grand surtout, par le developpement litteraire qui s'est manifeste chez lui depuis le commencement de ce siecle. Je sais qu'on peut regretter, pour ce pays, le manque de ces institutions liberales, si necessaires au mouvement intellectuel d'une nation ; mais la Russie marche dans cette voie d'un pas ferme et certain. L'abolition du servage, oeuvre eminemment chretienne et digne du XIXe siecle, n'a ete que le prelude d'une grande revolution sociale, qui s'accomplit lentement et fatalement, malgre les exces de quelques fanatiques impatients d'arriver au but. Leurs violences appellent les violences du Pouvoir et ne font qu'eloigner pour ce peuple, le moment ou il pourra jouir des avantages serieux d'une liberte progressive, moderee par tordre, mais toujours amie du perfectionne ment social. Parmi les ecrivains nombreux qui ont illustre la litterature russe pendant la premiere moitie de notre siecle, un surtout est particulierement sympathique, autant par l'elevation que par la precocite de son genie, et cette sorte de fatalite dont sa vie si courte est empreinte. C'est Lermontoff, ne en 1814, mort a la suite d'un duel en 1841. Coincidence etrange et douloureuse, que deux des plus grands poetes de la Russie, Pouchkine et Lermontoff, soient tombes dans une rencontre ! Ce que cet epouvantable malheur a ravi a la Russie et aux lettres, qui le saura jamais ! Lorsqu'on parcourt les oeuvres de ce poete, mort a 26 ans, on ne peut s'empecher d'etre afflige en songeant au monument qu'il eut, sans nul doute, eleve durant une longue vie. Lermontoff ecrivait deja a douze ans, et le charme de ses compositions aurait pu lui valoir, comme a Victor Hugo, le titre d'enfant prodige. |